Comment le Cameroun voyait internet en 1997

Ce billet commence par un partage de l’Atelier des médias/RFI, comment la France voyait internet en 1997. C’est fou ce que les similitudes m’ont poussé à écrire un clone de cet article. L’article produit par Slate France débute par une nouvelle dénomination d’internet, par les parlementaires français:

En janvier 2016, l’internet français s’est amusé d’un amendement de la loi numérique portant sur la façon dont on devait nommer internet. Plusieurs députés français s’étaient regroupés pour mettre fin au débat sur la dénomination française du réseau des réseaux: ce serait «l’internet».

Mon article commence avec le même contexte, drôle de coïncidence: cette volonté des parlementaires camerounais, d’agir sur le numérique, ces médias nouveaux. Ici, on ne parle pas d’amendement, ni de loi, mais surtout d’une dynamique nouvelle:

avoir sa « fenêtre sur le monde ». Le Cyberespace parlementaire, cadre aménagé pour permettre aux députés de se familiariser davantage avec l’outil informatique, a été inauguré hier par le très honorable Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale. On y retrouve 34 ordinateurs complets, connectés aux casques et caméras, deux vidéo projecteurs, deux écrans, et des accessoires qui permettront aux députés d’utiliser Internet dans un cadre sécurisé et agréable. A côté, une salle de lecture VIP, studieuse et entièrement équipée, à la disposition des parlementaires. Les deux projets, comme l’a indiqué le secrétaire général de l’Assemblée nationale (SG/AN), Victor Yene Ossomba, ont coûté 150  millions de F. (Source Cameroon Tribune)

Ce qu’on retient est : un cadre sécurisé et agréable. Au Cameroun, la question du numérique est très souvent liée à la cybercriminalité. Si les différentes sorties les plus médiatisées et remarquables, sont très souvent liées à cette question, la dernière en date est la question liée à la diffusion de la bonne information sur les réseaux sociaux.

De sms, passant par des communiqués de presse, c’est une communication de masse. Cependant, cette question sur le numérique,  est allée plus loin, jusqu’à la coupure d’internet dans les régions du Sud-ouest, Nord-ouest: ça fera plus 80 jours aujourd’hui.

 

 

Historique sur les questions numériques au Cameroun

 

 

La date de référence est celle du 18 Mai 2016, date à laquelle une nouvelle dynamique s’est imposée, une autre question sur le numérique apparaît. Sur toutes les conférences auxquelles j’ai assisté et d’autres pas, tout tournait  de la cybercriminalité. Même l’établissement des lois commença par la cybercriminalité: 

  1. La première loi concernant le numérique est celle qui régit sur la cybercriminalité en 2010. 
  2. La loi portant sur le numérique qu’on présente au Cameroun est celle qui régit les communications électroniques en 2010.

Cette partie du numérique n’étant qu’une infime partie du numérique: les opérateurs de telcom, les agences digitales. La partie la plus importante exclue est une réelle politique sur le numérique, taxes, accessibilité, les questions relatives aux droits d’auteur, Open data, Vie privée, Questions relatives au commerce sur internet, la portabilité des données, la circulation des données et du savoir, Régulation des jeux en ligne. 

 

Alors faisons un retour en arrière, Comment le Cameroun voyait internet en 1997

Consolons-nous?

En 1997, Internet est le réseau qui fait immigrer en toute facilité

On parle pas trop  d’internet en 1997, cependant le numérique était source d’ascenseur social.  Les pratiques commencent véritablement en 1998. En 1998, le pays comptait trois fournisseurs d’accès à Internet (CAMTEL, CENADI et ICCNET) quatre cybercafés à Yaoundé. Près de 2.000 personnes et institutions utilisaient Internet de façon permanente ou occasionnelle. Le taux de fréquentation des points Internet était d’environ 100 personnes par jour. Les jeunes filles étaient les plus nombreuses à utiliser cet outil de communication. Elles représentaient près de 70% de la clientèle des cybercafés et recherchaient surtout des conjoints européens sur le Web. (Source: Usages et pratiques d’internet par les étudiants au Cameroun: quels enjeux ? par Hermann ESSOUKAN EPEE )

De 2000 – 2008, c’est l’explosion des cybercafés

En 2000, il y a de plus en plus de cybercafés. Une nouvelle habitude se crée: ce sont les nuits Internet. Elles se caractérisent par des nuits blanches passées dans des cybercafés, soit pour télécharger, soit pour tchatcher en ligne. Les cabines privées font leur apparition. L’apparition des disquettes , puis des clés. Cela reste le temps d’Hi5, de site de rencontres. L’apprentissage aux nouveaux métiers via internet, est de plus en plus présent. Une nouvelle race de personnes dites : autodidactes.

 

De 2008 – 2013 , c’est l’utilisation de Facebook au Cameroun

De 2008 – 2011, les cybercafés perdent peu à peu du terrain. Ringo , Orange s’attaquent de plus en plus  « aux petites gens ».  Mais l’appropriation reste les relations en ligne. On utilise de plus en plus facebook . Il est devenu commun de se connecter à la maison.  En 2013, l’arrivée des clés internet intensifie l’appropriation d’internet. 

De 2013 – aujourd’hui, c’est l’utilisation des données mobiles

Avec la démocratisation des smartphones low-cost, les données mobiles entrent dans la danse des nouvelles habitudes. 94% des personnes aujoud’hui en Afrique, sont connectées via mobile.

Pour le cabinet Sandvine: 

Fin 2015, Whatsapp représentait 11% du trafic mobile en Afrique subsaharienne, deux fois plus que Facebook et 2,5 fois plus que YouTube. L’application affiche une croissance de 50% entre fin 2014 et fin 2015. (Ingrédient secret : des messages gratuits et un faible besoin de connexion)

Cette histoire d’internet à travers le temps au Cameroun de 2000 à nos jours, est liée à mon parcours personnel, et non une constante. Si vous voulez bien y contribuer , ce serait génial. Mettez-le en commentaires! Nous ferons une infographie après 😉